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Mondes oubliés de l'industrie

GRAND RÉFRIGÉRANT DE LA SMN Un géant de béton

Idéal décor pour un film d’anticipation, cette cheminée aux proportions de géant est le seul vestige d’une fonderie, inaugurée en 1917, qui s’étendait sur 160 hectares. La Société métallurgique de Normandie, installée le long du canal de Caen à la mer, est alors un immense complexe industriel, un fleuron de la métallurgie française qui traite le minerai de fer du bassin normand. Entièrement détruite par les bombardements durant la Seconde Guerre mondiale, reconstruite puis remise en service en 1950, elle fermera définitivement en 1993, victime de la crise.

14460 Colombelles




GANDRANGE Cadavre de la sidérurgie lorraine

Mars 2009. Fini le soupir des hauts-fourneaux, fini le cri du gueulard, fini le spectacle vulcanien du feu des coulées de nuit. Quarante ans après son ouverture, l’aciérie de Gandrange crache sa dernière coulée en 2009, le monstre de métal se tait et les ouvriers, amers, quittent les lieux. La grande aventure de la sidérurgie lorraine touche à sa fin, irrémédiablement, et non sans remous. Gandrange a vécu. Seules les photographies et la mémoire des hommes, ouvriers sur le carreau, en témoignent aujourd’hui. 57175 Gandrange



USINE DE BONNETERIE Les petites mains sont parties Les bobines de fil installées sur les machines n’attendent qu’elles, pour se dérouler. Mais ce n’est qu’une illusion, l’ensorcelante magie de ces lieux d’où la vie s’est retirée brutalement. La soixantaine d’ouvrières qui produisaient encore il y a dix ans 3500 paires de chaussettes par jour est bien partie, remerciée. Durant deux siècles, cette usine, ces ateliers, ces petites mains habiles ont produit ce qui a contribué à l’élégance à la française. Elles ont habillé les jambes de ces dames, comme les pieds de ces messieurs. La marque haut de gamme, qui fit les grandes heures de l’industrie nationale, existe toujours, mais elle n’est plus française et n’a désormais plus aucune unité de production en France. Pas plus ici, sur le site historique bicentenaire, qu’ailleurs dans le pays. La production de chaussettes, de collants et de bas est bel et bien délocalisée. De cette aventure industrielle, il reste un important patrimoine architectural, presque tout un village désolé et cette usine. Quelque part en France





USINE À TANINS Verre brisé et écorce de châtaigner

L’usine A. Huillard et Cie, construite en 1894 par un industriel parisien, a fermé définitivement en 1953. Plus de cinquante ans d’abandon n’ont pas encore eu complètement raison d’elle : dans un état piteux, elle montre encore pourtant sa belle carcasse métallique, semblable à une grande serre qui se serait laissé déborder par la végétation. Chaque hiver, les tuiles se font moins nombreuses sur la toiture, et les vitres moins présentes, brisées par le vent ou les passants.


USINE SOUTERRAINE DE CAUMONT

Arme de destruction massive Voici les vestiges visibles et impressionnants d’un projet fou d’Adolf Hitler : celui de bombarder Londres avec des V2. Derrière cet acronyme, se cachent des missiles balistiques de 14 mètres de hauteur emportant une charge explosive d’une tonne. Pour propulser ces engins diaboliques, il faut de l’oxygène liquide. C’est là que l’usine portant le nom de code Steinkohle no1301 entre en jeu. Les travaux vont bon train, mais l’histoire change heureusement le cours des choses. Devant l’avancée des armées alliées, Hitler est en effet contraint de renoncer à ce projet dès juillet 1944. Reste sur place une architecture démesurée, coquille vide cachée au regard, qui témoigne pourtant de la folie destructrice d’un homme.



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