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Randonnée en Corse : Bonifacio, le Piale

Dernière mise à jour : nov. 16

Originales dans une île où dominent les roches cristallines, les falaises calcaires de Bonifacio sont l’un des attraits touristiques majeurs de la Corse. Le Piale, le plateau bonifacien, surplombe les eaux de la réserve naturelle des Bouches de Bonifacio, constituant la partie corse du Parc marin international.

Partez de la chapelle Saint-Roch (1), au pied de la citadelle de Bonifacio. Vous emprunterez les sentiers des paysans bonifaciens qui quittaient la marine ou la citadelle pour se rendre à dos d’ânes dans les champs de la campagne bonifacienne.


Tout au long de votre balade, vous apercevrez des goélands leucophées en vol ou posés sur la falaise. Cet oiseau guette sans cesse la moindre possibilité de satisfaire son appétit féroce. En contrebas de la falaise, vous distinguez le Diu Grossu (2) : un morceau de roche détaché de la falaise. Il est aussi appelé le Pouce, ou plus communément le Grain de sable, et abrite une colonie reproductrice de puffins cendrés.




En arrivant sur la partie haute du plateau, vous pouvez découvrir depuis de nombreux points de vue la citadelle millénaire qui domine le détroit séparant la Corse de la Sardaigne.


Sous vos yeux s’étendent les eaux limpides et colorées de l’une des plus belles zones de protection intégrale de la réserve naturelle des Bouches de Bonifacio. Le maquis à genévrier de Phénicie, caractéristique du Piale, est modelé par les tempêtes, fréquentes dans le détroit. La flore de ce plateau a été très étudiée par les botanistes car elle abrite des plantes parmi les plus méridionales de l’Europe. Les orchidées endémiques de Corse et de Sardaigne abondent sur les pelouses. Leurs fleurs attirent de nombreux insectes qui assurent leur pollinisation. Vous découvrirez une végétation basse dominée par l’immortelle d’Italie. Cette plante, qui dégage une odeur très parfumée, est traditionnellement utilisée en Corse pour brûler la peau du cochon après les abattages hivernaux. Le romarin embaume également le parcours.


Poursuivez votre chemin le long du sentier, il vous emmènera jusqu’à la route départementale (3) du phare de Pertusato. En allongeant votre balade, vous pourrez descendre jusqu’à la mer au lieu-dit des Trois Pointes (4).

Vous apercevrez sûrement des cormorans huppés en action de pêche ou posés, toutes ailes déployées, sur des rochers. Cette position dite héraldique, leur permet de sécher leur plumage après leurs immersions à la recherche des petits poissons qui constituent la base de leur alimentation. Le cormoran est un excellent plongeur : il trouve sa nourriture entre 0 et 40 m de profondeur mais il peut parfois des- cendre jusqu’à 80 m. Cette espèce est protégée et mérite l’attention de tous pour sa sauvegarde. Ne la dérangez pas. Ne confondez pas le cormoran huppé avec le grand cormoran, d’allure plus massive, qui reste un migrateur d’origine septentrionale dans le Midi et en Corse. Le goéland leucophée niche d’avril à juillet sur les différents îlots de la réserve naturelle. Le long des falaises, vous pourrez aussi apercevoir le pigeon biset, l’ancêtre de nos pigeons des villes, ainsi que le merle bleu.





Aux Trois Pointes, vous ne trouverez pas de plages de sable blanc mais de grandes dalles de calcaires qui ont été lissées par les houles de Mare nostrum.

En été, vous pourrez vous baigner. Les palmes, le masque et le tuba sont les seuls moyens autorisés pour découvrir le monde sous-marin, protégé, dans lequel toute forme de pêche ou de chasse sous-marine est strictement interdite. Vous y verrez des poissons nombreux et surtout beaucoup moins farouches que dans les zones soumises à la prédation humaine.


Remontez vers le sémaphore de Pertusato (5).

Vous entendrez peut-être les cris caractéristiques du faucon crécerelle. Avec un peu de chance vous observerez même un couple de faucons pèlerins. La taille de cette espèce, largement supérieure à celle du faucon crécerelle, vous permettra de ne pas les confondre. Depuis ce sémaphore et depuis celui de l’île de Razzoli, en Sardaigne, le trafic maritime, dangereux dans ce détroit constellé d’îles et d’îlots, est surveillé en permanence.

Avant d’arriver à Pertusato, un second moyen de rejoindre la mer vous est offert. En cinq minutes, un petit chemin vous mènera jusqu’au sable blanc de la petite plage de Saint- Antoine (6). Comptez 10 minutes pour la remontée.

Les ceintures de végétation basse abritent différentes espèces de statices (famille des Limonium) en forme de coussinets verts.




Sur la droite, en face de l’île Saint-Antoine, une ancienne grotte (7), aujourd’hui à ciel ouvert, mérite un coup d’œil.


L’orca, la jarre en bonifacien, vous permettra de méditer devant l’un des derniers sites de reproduction du phoque moine en Corse. Cette espèce, aujourd’hui pratiquement disparue de Méditerranée, était présente dans cette zone à la fin des années 1960. Peut-être aurez vous la chance de voir par temps calme un autre mammifère marin côtier encore présent dans les eaux de la réserve naturelle : le grand dauphin.


Allez jusqu’au phare de Pertusato (8).

Le long du chemin dans les encorbellements des falaises, vous observerez une petite crucifère jaune : la morisia monanthos. Cette espèce endémique de la Corse et de la Sardaigne est un véritable fossile vivant qui a la particularité d’enterrer ses fruits. Comme pour toutes les plantes rares, menacées et protégées, vous n’emporterez avec vous que l’espoir d’un cliché photographique réussi. Le phare de Pertusato offre un point de point exceptionnel. Il est aussi un site d’observation des oiseaux lors de leurs migrations printanières et automnales entre l’Europe et l’Afrique.

De retour sur le plateau, empruntez, sur la droite de l’ancien abattoir (9), un chemin qui vous ramènera au point de départ. Il vous fait découvrir le goulet de Bonifacio, sa marine et les jar- dins de Saint-Jean.

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