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Randonnée dans le Petit Luberon : La forêt de cèdres

Cette courte balade à la pointe orientale du Petit Luberon vous invite à découvrir un milieu très original : une forêt de cèdres de l’Atlas. Elle vous offre l’occasion de mieux connaître le travail des forestiers dans une ambiance fraîche et ombragée, peu commune dans le secteur !


La montée vers la forêt de cèdres et le parking vous offrent de magnifiques points de vue sur les deux versants du Luberon, et même sur le mont Ventoux. Prenez le temps d’en profiter !




À partir du parking, empruntez la piste balisée après la barrière. A la première intersection (1), tournez à gauche sur le sentier du Portalas. Des pupitres, répartis tout le long de l’itinéraire, vous apporteront des informations supplémentaires.


Vous êtes d’emblée plongés dans la forêt de cèdres. Le cèdre de l’Atlas a été planté à partir de 1860 à des fins d’expérimentation par un forestier convaincu, M. Tichadou. Aujourd’hui encore, il reste la seule essence dont il est économiquement intéressant de tirer parti. En effet, son bois imputrescible est utilisé notamment dans la construction. Les pins qui poussent dans ces mêmes secteurs ne sont guère utilisés que pour la pâte à papier et leur exploitation est bien moins rentable. Même si les premiers cèdres ont été plantés, la forêt n’a aucun mal à se régénérer spontanément, et même à s’étendre. Ce massif a été classé “peuplement reproducteur de qualité” et des graines sont récoltées pour la multiplication en pépinières. Le sous-bois, très particulier ici car frais, humide et ombragé, offre des conditions peu communes à la flore et à la faune. Ainsi, les plantes à fleurs sont rares, mais la diversité des champignons est remarquable. La présence de toutes les strates forestières, peu fréquente en Méditerranée, favorise la diversité des passereaux. Les espèces que vous observez peut-être, ou entendez, dans cette forêt ne sont guère méridionales. En effet, les oiseaux les plus courants sont le merle noir et les mésanges (charbonnière, bleue, huppée, à longue queue). Des rapaces, dont l’épervier et la chouette hulotte, affectionnent aussi l’endroit. Le pic épeiche trouve encore ici un lieu de vie idéal. L’écureuil roux également. La relative fraîcheur offre enfin des conditions favorables à la couleuvre d’Esculape. Au fur et à mesure de la descente, les cèdres laissent peu à peu la place aux chênes verts, au feuillage persistant. Cet arbre est typiquement méditerranéen, on le retrouve souvent dans les zones boisées du Petit Luberon. Les chênes pubescents (feuillage caduc), également présents, se cantonnent dans les fonds de vallon. En automne, le fustet – encore appelé arbre à perruque, à cause des longs “cheveux” dont sont pourvues ses graines – et l’érable de Montpellier prennent des couleurs éclatantes, contrastant avec le vert dominant des chênes et des buis.





Le sentier tourne sur la droite en remontant. En haut de la montée (2), prenez à droite (panneau), direction Pré Roustan (balisage jaune).

Les buis sont toujours nombreux et bien développés. Il est difficile d’imaginer qu’autrefois c’était un arbuste assez rare, car souvent utilisé pour amender les champs ou faire la litière des troupeaux. Son ramassage intensif avait même fini par être réglementé !

Vous approchez des crêtes ; un superbe panorama s’offre à vous.

Dans ce secteur plus ouvert, pensez à scruter le ciel : circaète Jean- le-Blanc, aigle de Bonelli et vautour percnoptère ont installé leurs nids sur le Petit Luberon et survolent régulièrement les crêtes. Au sol, ce sont les perdrix rouges qui attireront peut-être votre attention. Au printemps, vers le mois d’avril, les iris nains, aux fleurs violettes, tapissent par endroits les secteurs dénudés. Lorsque le sol est retourné, c’est le travail des sangliers, à la recherche de nourriture (les bulbes d’iris nains par exemple !).

Vous croiserez peut-être également une de leur souille : un trou boueux où ils viennent se rouler pour ôter les parasites de leur pelage.


Poursuivez à droite (3) et prenez le chemin plus large pour vous diriger à nouveau sous les cèdres (balisage jaune).



Sur cette portion du sentier, il est facile de deviner que la forêt est exploitée et que les arbres sont choisis : de vieux et gros sujets côtoient de plus jeunes. Des nombreux branchages jonchent le sol et plusieurs souches sont visibles. Le cèdre ne rejette pas de souches, tout comme le pin. Cette particularité est compensée par la quantité de graines émises et un fort pouvoir germinatif. La régénération est donc prise en compte avec, comme objectif, une exploitation durable : procéder à des coupes sélectives tout en maintenant le milieu et en s’assurant d’une bonne reconstitution.

Vous retombez sur la piste forestière (4), que vous prenez à droite pour rejoindre le parking.


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